Le Serveur Montagnes||||||Laissez vos impressionsEnglish Montagnes website

Médecine et traumatologie de montagne

Quelques conseils des médecins du SAMU de montagne de Chamonix

Les lésions traumatiques

  • Pour cette année 1997, le Peloton de Gendarmerie de Haute-Montagne de Haute-Savoie, basé à Chamonix, devrait porter assistance à plus de 900 personnes dans le massif du Mont-Blanc. Parmi elles, 400 seront suffisamment blessées pour nécessiter la présence d'un médecin sur les lieux mêmes de l'accident. Ces blessures, qui touchent essentiellement des hommes jeunes, sportifs, sont essentiellement des atteintes traumatiques des membres inférieurs (fractures, luxations…) qui, en plus de leur gravité propre, immobilisent le patient dans un environnement hostile. Grâce à la radio l'alerte est habituellement rapide, et, après une phase de médicalisation sur le terrain (immobilisation, traitement de la douleur), l'évacuation héliportée permet de transporter rapidement le patient vers le centre de traumatologie de l'hôpital de Chamonix. Parfois l'atteinte est plus grave, en particulier lorsqu'il s'agit de lésions de la colonne vertébrale (accidents d'alpinisme, de ski ou de parapente) ou de traumatisme crânien (20% des secourus), ce qui souligne l'absolue nécessité de porter un casque en montagne.

    Revenir au début

    La pathologie médicale

    Deux atteintes médicales sont fréquentes dans le massif du Mont-Blanc, elles sont liées à la raréfaction de l'oxygène en altitude ; ce sont les accidents cardiaques et le mal aigu des montagnes.

    Les atteintes cardiaques (angine de poitrine et infarctus) sont fréquentes chez les hommes après 50 ans, peu sportifs, et qui sont confrontés à un effort en altitude (Mont-Blanc en été, Vallée Blanche en hiver).

    Le mal aigu des montagnes touche beaucoup de monde dans le massif. Près de la moitié des candidats à l'ascension du Mont-Blanc présentent des symptômes de maladaptation à l'alitude (maux de tête, essoufflement excessif, nausées, vomissements). Ces symptômes apparaissent après 6 heures à une altitude de plus de 3500 m. Ils sont habituellement limités et disparaissent spontanément à la descente. Ils peuvent être parfois beaucoup plus dangeureux (coma, oedème du poumon), surtout si la victime est bloquée par le mauvais temps en altitude (refuge Vallot par ex.)

    Revenir au début

    Les accidents liés au froid

    Les gelures touchent préférentiellement les doigts ou les orteils, et parfois les oreilles et le nez, en particulier chez les skieurs qui descendent très (trop) lentement l'arête de l'Aiguille du Midi, au départ de la Vallée Blanche (oreille gauche -> vent du nord, oreille droite -> vent d'Italie). Les gelures du premier degré sont caractérisées par une blancheur des extrémités suivie d'une rougeur au réchauffement et une diminution, voire une abolition transitoire de la sensibilité. Les gelures du 2eme degré correspondent à l'apparition d'ampoules à la 6eme heure d'évolution. Pour les cas les plus graves, les extrémités gelées sont grises et insensibles, la circulation y est totalement interrompue. Le premier traitement est simple : un bain d'eau chaude à 37° environ, le plus tôt possible (y compris au refuge) et la prise de 250 mg d'aspirine par jour. Le risque de regeler ensuite est grand, il faut donc se faire évacuer. Une fois dans la vallée, le médecin adapte le traitement en fonction de la gravité. Bien sûr, la prévention est importante : deux paires de gants dans le sac, des chaussures à coque plastique, des boissons abondantes et régulières.

    L'hypothermie correspond à la baisse de la température centrale au dessous de 35°. Elle est fréquente chez les blessés graves en haute-montagne, en particulier lors des chutes en crevasses. D'abord marquée par des frissons et une agitation liée au stress des cellules cérébrales, elle est ensuite caractérisée par un ralentissement de toutes les fonctions de l'organisme, qui s'arrêtent progressivement, comme le lapin mécanique qui arrive au bout de ses piles. Cependant, du fait des propriétés protectrices du froid sur les cellules, la mort ne survient pas immédiatement et les possibilités de réanimation persistent longtemps, même en cas d'arrêt circulatoire. Là encore, la prévention est essentielle : bon équipement, boissons abondantes. Si l'on est coincé, il faut se couvrir la tête, respirer à travers une écharpe qui réchauffe l'air inspiré par contact au niveau du tronc et se rouler en boule plutôt que de s'allonger, pour diminuer les pertes caloriques.

    Revenir au début

    La prévention

    Traiter en aval de l'accident est louable, mais l'alpinisme est avant tout une fête ; la prévention est essentielle. A l'analyse de bien des accidents, quelques recommandations nous paraissent utiles :

    Porter un casque (chute de pierres, de glace ou de grimpeur). Le massif du Mont-Blanc n'est pas Disneyland, personne ne passe pour vérifier que les pierres et les pitons sont solidement ancrés.

    Il faut s'encorder pour évoluer sur un glacier et s'entraîner à retenir une chute en crevasse. Dans un long couloir de neige, à moins de poser régulièrement de solides ancrages, la corde n'est utile que si le premier de cordée est sûr de ne jamais tomber et de pouvoir enrayer la chute du second à tout moment. Sinon il vaut mieux la laisser dans le sac : un polytraumatisé vaut mieux de deux ou plus.

    Boire est indispensable, ça permet de garder la forme, en particulier en altitude où l'air est très sec. Un petit réchaud répond facilement à cet impératif.

    La radio utilisée à bon escient vous permettra d'aider à sauver le grimpeur qui geint sur la vire d'à côté à la suite d'une chute. Votre éthique vous interdira d'appeler l'hélicoptère parce que vous êtes fatigué.

    Revenir au début

    Pour en savoir plus

    Lectures

  • Liens

    Quelques liens vers des sites plus techniques et orientés vers un public médical

    http://perso.wanadoo.fr/dmtmcham est le site du Département de Médecine et Traumatologie de Montagne de l'Hôpital de Chamonix.

    International Society for Mountain Medicine : ISMM
    http://cmusun15.unige.ch/

    UIAA Medical Information Sheets
    http://www.thebmc.co.uk/mm/mm0.html

    Revenir au début

    Vos remarques sur dmtmcham@wanadoo.fr